26/02/2025

Des nouvelles du collectif

Présence Panchounette, Accrochage, 1989 Collage,
Coll. MAMCO, Genève [Inv: 2014-67]


Bonjour à toutes et à tous !

L'hiver s'éloigne peu à peu, les grues sont revenues depuis longtemps mais il faut encore patienter pour retrouver - enfin - la douce chaleur primaverile comme on dit de l'autre côté des Alpes. En attendant de pouvoir se vêtir plus légèrement et de paresser aux terrasses ensoleilléessans risque de se mouiller  ni de geler sur place, laissez-nous vous donner quelques nouvelles de la galerie et de l'association.

Tout d'abord, et pour répondre aux nombreuses demandes transmises par Google et nous excuser auprès de celles et ceux qui se sont cassé le nez devant la porte du 15 rue Saint siméon : cette adresse est celle du siège social de l'association L76 galerie page blanche et non pas un espace d'exposition. Il fallait trouver une adresse postale lorsque nous avons dû fermer l'espace de la rue Teulère. Plasticiens, journalistes, amateurs d'art et amis, n'hésitez-pas à nous écrire à cette adresse, nous répondons à tous les courriers. 

Mais où exposons-nous désormais ?

La tragi-comédie du Covid, les atermoiements de notre démocratie et son vide abyssal que la bêtise ont causé à notre pauvre pays en faisant remonter la haine et le racisme, l'antisémitisme et la connerie a eu raison de notre énergie. N'est pas Don quichotte qui veut face à tout ce tas de Cassandre frileuses et agressives qui se lâchent toujours dans ces temps incertains et font passer l'envie de se battre pour la beauté et la paix. En résumé, notre petite équipe a eu envie de quitter le navire pour se retirer en rase campgane ou sur une île déserte et laisser le monde revenir à ses errements primitifs et ses besoins primaires. Ce vague à l'âme n'a pas longtemsp duré. Le temps passé loin du bruit du petit microcosme artistico-intellectuel local - tout petit, tout petit et mesquin, nous nous sommes fait plaisir les uns et les autres, en organisant, chez les uns et les autres, de petits évènements joyeux pour savourer les mots, les couleurs, les idées, les sons des artistes que nous aimons et les faire connaître à quelques élus de nos coeurs (pas des politiques, entendons-nous bien) mais des gens comme vous et nous, qui aiment ce quio est beau, ce qui est vrai, ce qui ne s'analyse pas en valeur marchande ou en indice de popularité. Des rebelles ? Non pas. Des personnes vraies, authentiques qui bâtissent du beau et du vrai.

Plusieurs expos dans cet esprit ont eu lieu depuis la fermeture de la galerie. Et nous nous sommes rendu compte que cela fonctionnait bien, cet esprot du Coucou, qui se plait bien dans le nid des autres. A la différence de l'oiseau qui - le bougre - ne se contente pas de poser ses oeufs dans un nid emprunté, mais en chasse les légitimes petiots encore encoquillés. Non, l'essence même qui présida aux débuts de la Galerie Blanche au 76 rue du Loup, est la part majeure de notre ADN : le nomadisme. Ni philistins, ni bédouins, ni asmonéens, les amis et meneurs de Page Blanche aiment porter dans des lieux différents, l'esprit du collectif L76 : donner à voir, à aimer, à lire, à entendre, à sentir et à goûter tout ce qui est créé dans cet esprit, cette esthétique du beau et du doux, loin de la niaiserie et du superfétatoire des modes. Pas de marketing, pas de modèle économique, pas d'enjeux, sinon créer du plaisir et de la joie. 

Deux expositions à Venise, en 2023 et 2024, relativement confidentielles, mais appréciées par un grand nombre de visiteurs car le monbde entier passe à Venise. Il suffit d'éviter les chemins envahis par la roture touristique qui ne jure que par les masques et la verroterie made in china faussement étiquetées Venezia ou Murano, par ce que ce n'est pas cher... Des visiteurs qui ne disent pas "cette année on a fait Venise, l'an passé on avait fait Bali et l'an prochain on se fera peut-être les centrales nucléaires". Non, nous ne montons pas de évènements pour les multi-vaccinés, pour les adpetes du "Le pen pourquoi pas on n'a jamais essayé" ni les regardeurs-voyeurs des télés-poubelles d'Etat ou privées.

Les projets pour l'année 2025 ? 

Le lancement du nouveau site et de sa boutique en ligne pour financer les travaux des artistes que nous aimons et les évènements que nous aimerions organiser, à Bordeaux, du côté de La Réole, à Lyon, Nantes et ailleurs, au fil de nos rencontres et de nos coups de coeur. Pas de lieu fixe, pas de charges excessives, de propriétaires gourmands ou de requins aux quenottes acérées (c'est souvent les mêmes). Pas de subventions publiques non plus, les élus ont trop à faire avec leurs propres traitements jamais assez élevés les pauvres, pas d'appels à projets,pas de génuflexions devant les nouveaux maîtres, pas de sacrifices aux modes actuelles ni de soutiens aux combats hyppocrites. Juste suivre notre petit bonhomme de chemin et donner à voir aussi ce qui autour de nous, nous parait mériter qu'on en parle.

L'arrêt sous peu de la production éclairée des éditions [Le Bleu du Ciel] au catalogue formidable rempli de pépites que les amis de la galerie connaissent bien pour en avoir vu beaucoup sur les rayonnages de la librairie, modeste contribution à l'art éditorial avec Fata Morgana, Confluences, Le castor astral, Serge Safran, Les Vanneaux, Abordo, Poésis, et d'autres maisons d'éditions courageuses et talentueuses, cette fin de publication est l'occasion d'une sympathique exposition-tour d'horizon chez nos amis de la galerie Bakery, rue  Saint-François et rue du Mirail (depuis le 23 janvier et jusq'au 8 mars). 

Première rétrospective à notre connaissance du travail de ces éditeurs fous d'amour pour l'art et la littérature, à l'initiative de Christian Pallatier. L'occasion unique d'acquérir les affiches encore en stock - il y a des chefs-d'oeuvre - à des prix plus que raisonnables, mais aussi des oeuvres originales d'artistes - et pas des moindres - qui font partie de notre panthéon à L76, par ordre alphabétique : Maya Anderson, Michèle Antoine, Didier Arnaudet, Denis Castellas, Jean-Jacques Ceccarelli, Jean-Michel Espitalier, Jean-Marie Gleize, Julieta Hanono, Bernard Heidsieck, Michel Herreria, Valérie Jouve, Marin Kasimir, Elisabeth Lennard, Hubert Lucot, Pierre Mabille, François Matton, Danielle Mémoire, Bernard Noël, Présence Panchounette, Jean-Luc Parant, Anne-Marie Pécheur, Charles Pennequin, Nathalie Quintane, Ryoko Sekiguchi, Tatiana Trouvé, Carmelo Zagari… Le visiteur y trouvera aussi des textes formidables comme ce livre d'Eric des Garets, l'excellent "Pier Paolo Pasolini, Une suite et autres poèmes" par l'ami Eric des Garets... Précipitez-vous chez bakery !

Christophe airaud, faire avec peu. 2023

Toujours Chez Bakery, l'ami Christophe Airaud, photographe devenu grand-resporter, viendra dès le 13 mars exposer ses photographies exécutées avec un Minox classic Leica M3, un appareil nain pesant 110 grammes aux particularités étonnantes dont il fait l'acquisition en 2023. Il va s'en servir pour enchanter et surprendre notre regard. 

Nous sommes très heureux d'annoncer sa venue à Bordeaux. Le titre de l'expo ne peut que vous mettre l'eau à la bouche : "Faire avec peu", et puis cette citation de Chris Marker, réalisateur, philosophe, voyageur, écrivain, photographe, résistant... disparu en 2012à 91 ans  « La photo, c’est la chasse, c’est l’instinct de chasse sans l’envie de tuer. C’est la chasse des anges… On traque, on vise, on tire, et Clac ! Au lieu d’un mort, on fait un éternel ». A ne pas manquer, je prends les paris : vous allez aimer ! [Vernissage le vendredi 14 mars de 18h à 21h]


Et puis, last but not least, le vernissage ce samedi 1er mars, de l'exposition très attendue des travauxde Valérie Pédezert, à la galerie Garozarts. Nous avons connu Valérie, il y a quelques années qui venait souvent rue Teulère. Nous avions vite sympathisé et cette passionnée de mots et de lecture nous avait montré ses carnets. Son travail ne pouvait que nous fasciner. Des formes irréelles, rebondies, incurvées, poétiques, faites de milliers de traits au stylobille et aujourd'hui à la plume. Un univers onirique où chaque regard se pose sur des détails qu'il est seul à voir et qui sont différents pour chacun de nous, voire à chque nouvelle visite à l'intérieur de ses dessins. ( voir article ICI)

[Garozarts, 40 rue de la république, Marmande | du 01-3 au 12-04 | vernissage samedi 01-03-2025, de 11h à 13h]

Pour finir, et en lien avec ces belles expositions en cours ou à venir, le collectif se propose d'organiser plusieurs visites groupées de ces expositions et de quelques autres pour les Amis de la galerie page blanche, ainsi que des dimanches littéraires en mars  autour d'une tasse de thé et de délicieuses friandises à déguster.(Précisions à suivre).

N'oubliez-pas de mettre à jour votre adhésion 2025 !  

Pour nous joindre : L76infos@gmail.com ou par MP sur instagram ou FB.

12/02/2025

Une merveille sur le marché

C'est peu courant de recevoir un courriel d'Angleterre informant de la disponibilité d'une peinture de... Chagall. Il y a en ce moment, chez un marchand renommé de Londres, une petite peinture du maître, présentée comme une esquisse mais qui est suffisamment aboutie pour mériter qu'on y regarde de plus près. Signée, datée, joliment encadrée, l’œuvre fait baver d'envie. Le pris est communiqué sur demande expresse. l'afficher serait tellement vulgaire. En fait, juste contempler l’œuvre et rêver de pouvoir la regarder chaque jour en se réveillant guérirait de tout. Bonne contemplation !

(Détails supplémentaires sur simple demande)




sur demande)

03/01/2025

Connaissez-vous Cynthia Fusillo ?

Il y a quelques années, un jour d'été terriblement chaud, j'étais sur le campo Santa Maria Formosa, à Venise. C'est sur cette terrasse tranquille - il faisait trop chaud pour les touristes - que j'ai fait la connaissances d'une artiste américaine vivant en Espagne la plupart du temps et qui était en résidence artistique à Venise. Cynthia Fusillo me plût dès les premiers mots échangés.

Physiquement autant que mentalement, elle me rappela Violaine Laveaux devenue elle aussi, longtemps avant cette rencontre avec l'artiste américaine, une amie par le hasardd des rencontres, ce miracle de la vie vénitienne. Violaine était élève des Beaux arts de Venise, installée à l'époque à l'Accademia. J'étais à San Sebastiano, la section Lettres et Histoire des Arts de la Ca'Foscari. Nous avions le même âge Violaine et moi, et  plein de choses en commun. Notamment une passion commune pour carpaccio et bellini, pour le brouillard sur la lagune et pour Mürer le sculpteur. Le travail de Violaine a ensuite évolué pour rejoindre le monde poétique des installations dont elle jouera pour faire passer sa vision du beau et du pur.Cynthia Fusillo travaille les mêmes sujets et elle manie de la même manière toutes les matières, cailloux, tissus, feuilles et branches d'arbustes. elles ne sont encore jamais rencontrées. Je ne désespère pas d'y parvenir et de les réunir dans un projet commun à venise ou ailleurs. A Bordeaux par exemple ? Work in Progress ou plutôt Project and idea in progress...
 
Voici quelques bribes des travaux récents de Cynthia Fusillo, baptisés «Venetian Diary». des collages sous forme de journal







 
[Travaux récents |novembre 2024 |Collages].


08/10/2022

Bille en Tête, exposition de la nouvelle venue Valérie pédezert

La galerie Page Blanche est heureuse d'accueillir une nouvelle artiste,Valérie Pédezert, qui présentera à partir du 18 octobre onze dessins réalisé au stylo à bille. On était tenté d'écrire au stylo Bic mais l'entreprise américaine n'a pas prévu de sponsoriser le vernissage. 

Qu'à cela ne tienne, venez nombreux admirer ce travail incroyablement poétique et prenant qui s'harmonise parfaitement au projet de notre collectif autour de la monochromie et du trait. Après Alain Arnaud et ses volutes fantastiques présentés pour le compte de Première Ligne, les dessins à la plume de Gregory Masurovsky, et les gravures de Jean-Charles Dotigny, c'est donc un honneur et une grande joie d'annoncer à notre public et aux amis de la Galerie, l'exposition "Bille en tête", première exposition personnelle de l'artiste Valérie Pédezert, qui aura lieu du 18 octobre au 12 novembre. 

Le Vernissage aura lieu le jeudi 20 octobre à 18h30, en présence de l'artiste. Buffet et bonne humeur. Venez nombreux !

[ouverture du mardi au samedi de 15 à 19 heures. Possibilité de visites sur Rendez-vous en dehors de ces horaires (réservations par mail ou téléphone). Nocturne le jeudi 3 novembre, dans le cadre des Jeudis de la Galerie (de 19 à 22 heures), en présence de l'artiste (auberge espagnole).] 





28/05/2022

Clôture de la Fête de l'Estampe

Comme à l'accoutumée, le décrochage des expositions organisées dans le cadre de la Fête de l'Estampe, a réuni beaucoup de monde à la galerie. Comme d'habitude Prosecco, vins et jus de pommes (tout est exclusivement bio à la galerie, nous y tenons !), plein de gourmandises et de bonne humeur. Sur la photo, la plasticienne Magda Morecsewska, le poète Pedro Carmona et le journaliste Yves Simone en conversation avec Lorenzo Cittone, notre cher galeriste.


 


25/05/2022

 

La Galerie Page Blanche, c'est aussi une librairie et un café-thé littéraire. Venez nous rencontrer et partagez une tasse de thé avec nous et feuilleter les livres que nous avons choisi, découvrir notre cabinet de curiosités, nos cartes postales d'art (œuvres originales d'artistes du monde entier) à prix doux...
 
Visitez aussi notre site internet, avec sa boutique en ligne. Vous êtes les bienvenus du mardi au samedi, de 14h à 19h et jusqu'à 22 heures le jeudi. Moments musicaux ou lectures à vois hautes de poésie ou de fiction, micro-teatro parfois. 
 
Suivez notre actualité en ligne, sur Instagram, Pinterest, FaceBook.

20/10/2021

«Soma», la nouvelle exposition de la galerie page blanche ouvre ses portes demain

σῶμα [soma] en grec cela veut dire corps. L.76 présente dans sa galerie Page Blanche un ensemble de travaux expérimentaux du plasticien Christophe Montarras, plus connu pour ses collages. Une quinzaine de portraits d'hommes et des dessins au fusain illustrent cette thématique que nous avons trouvé intéressante autour de la dualité corporéité [Corps-objet] / corporalité [Corps-sujet]. Pour accompagner la visite, la librairie présente plusieurs ouvrages en relation avec le corps, citons notamment  :
  • Mathieu Riboulet, Le Corps des anges,
  • Larry Tremblay, Tableau final de l'amour,
  • Andrew Mcmillan,Le corps des hommes,
  • Dazaï Osamu, La Déchéance d'un homme,
  • Jean Baudrillart, Simulacres et simu­la­tion,
  • Hans Belting, Pour une anthropologie des images,
  • Michel Foucault, Le corps uto­pi­que, les hétérotopies,
N'hésitez-pas à passer nous voir, tous les après-midis de mardi à samedi et sur RDV. Et puis, ne ratez pas les nocturnes du Jeudi, dès 19 heures. Musique, dégustation, lectures, rencontre avec les artistes et visite commentée de notre (modeste) Cabinet de Curiosités !

27/07/2021

Passeggiando... oeuvres récentes de Hubert Mollien à la galerie

 
Nous nous sommes connus du temps de Première Ligne, la galerie qui existait au même endroit que nous et que Lorenzo a aidé à se lancer puisque ses projets d'alors le portaient vers Venise au lieu du Bordeaux qui fut depuis 1985 le théâtre de ses activités avec la Galerie Blanche, le fameux petit espace de la rue du Loup qui attira tellement de monde avec sa conception du "Donner à Voir". La galerie Blanche, devenue après la fermeture de l'espace du 76 rue du Loup, la Galerie Nomade, et qui, empêchée de se déployer à Venise pour cause de crise sanitaire, s'est installée au 8 rue Teulère, près de la Grosse Cloche, à deux pas du Cours Victor Hugo, dans le sympathique quartier Saint-Paul en pleine mutation et où il se passe des tas de belles choses d'un point de vue artistique et culturel.
 
Hubert Mollien, jeune homme de 86 ans, plasticien reconnu, professeur d'art émérite et grand collagiste devant l'éternel, présente une cinquantaine de travaux récents sur la thématique qui lui est chère, les silhouettes féminines auxquelles s'ajoute depuis quelques années de nombreux et succulents portraits inventés à bas de dos d'affiches lacérées et d'une kyrielle de personnages en cartapêsta aux allures inénarrables et drôlement sympathiques et attachants, comme leur créateur.

«Passeggiando...
[Opere Recenti 2019-2021] di Hubert Mollien» Voilà le titre choisi par ceux du collectif qui ont aidé au choix des oeuvres avec Lorenzo. 48 collages dont deux grands formats somptueux, 2 linogravures et une dizaine de sculptures... Muséal ! vraiment. Tellement attirant que dès l'accrochage, alors que la galerie était en pleine installation, les uns finissant de repeindre une paroi, d'autres essayant de nettoyer le sol longtemps laissé à l'abandon, Lorenzo juché sur un escabeau avec Régis pour accrocher les deux grands collages qui pèsent leur poids soutenu par Brigitte qui nous rendait visite, Tom occupé à coder les futures pages du site et l'installateur de chez Bouygues venu poser la fibre tant attendue, donc en plein chantier deux charmantes dames, élégantes et tout sourire, ont demandé à jeter un oeil. Et l'affaire fut règlée en deux minutes : les deux premiers collages dans leur joli petit cadre de bois, deux paires de jeunes élégantes de la fashion week milanaise (c'est ainsi que Lorenzo a décidé du nom de cette section de l'exposition - "Fashion Week à Milano : passeggiata Via Montenapoleone a Milano" , aussi charmantes que nos acheteuses, un peu gênées tout de même, qui demandèrent à ce que leur choix soit décroché des cimaises. Aussitôt dit aussitôt fait et ce petit quatuor de mondaines milanaises vêtues de jolis atours en papier Made in Vogue, haute-Couture oblige, sont parties pour le Mexique. Les dames ont promis de revenir et ont été les premières à laisser leurs adresses sur le nouveau mivre d'or encore jamais ouvert... «De belle augure» a lancé une des petites mains occupées à laver la vitrine. Stuff Smith choisit cet instant magique pour entonner à sa manière "It's wonderful" en compagnie de Dizzie Gillepsie et de Peter Anderson, que du beau monde à la Galerie Page Blanche et gageons - souhaitons - que cela ne fait que commencer en dépit de l'insupportable tension de cette crise sanitaire qui dure et encombre et complique tout.

Venez nous rendre visite. l'exposition est visible tout l'été, du mardi au samedi, tous les après-midis dès 14 heures et parfois - selon l'ambiance et la météo - jusqu'à tard dans la soirée où il est courant que les visiteurs se voient offrir un verre de vin bio ou ce délicieux kéfir amoureusement concocté par la Brasserie Parallèles de Floirac. Et si vous avez une petite faim, en attendant de pouvoir nous-mêmes vous proposer les gourmandises que nous enviseagons de proposer dès cet hiver, il y a à deux pas - mais vraiment deux pas, les délices de Fabienne dans son haut-lieu prénommé l'Etoile, véritable Place To Be bordelais (mais ne l'ébruitez pas trop, il devient déjà compliqué parfois de trouver une table en terrasse !).   
 
Nous vous montrerons aussi notre petit concept qui rend tout le monde heureux dans le collectif : 
 
L'Armoire... 
 
Mais je n'en révèle pas plus. L'Armoire est là, elle remplit son office, mais elle est encore un Work in Progress. Régis et Lorenzo vont s'y atteler. La corniche a déjà été retapée. c'est que notre concept, tout en étant tout ce qu'il y a de plus contemporain et en harmonie absolue avec notre philosophie à L.76, n'en demeure pas moins une vieille dame en pin du XVIIIe siècle, élégante et à la mode du temps des marquises de la Cour, mais née quelque part dans les campagens qui environnent la ville de Montaigne, de La Boétie, de Montesquieu et de Mauriac (Pour ne pas avoir à citer tous les autres et nous-même aussi !)

Et pour finir ce billet, le site est enfin en ligne. il reste des pages à nourrir, des photos à améliorer mais l'essentiel est là. Merci à Katia, à Tom, aux consultants de Ionos  qui ont permis ce résultat :






 

03/03/2021

C'est officiel depuis le 1er mars : la galerie Blanche et Première Ligne fusionnent !


Nous y voilà les amis, la pandémie a fait bouger beaucoup de lignes et de l'abstrait vient de surgir une nouvelle figuration, libre par principe, innovante par goût et joyeuse aussi : Des locaux de la rue du Loup où nous avons pendant près de cinq ans donné à voir des artistes que nous aimons à ceux de la rue Teulère.Longtemps galerie nomade, la Galerie Blanche pose ses cimaises et l'enthousiasme de ses animateurs dans les locaux de la Galerie Première Ligne, belle aventure initiée en 2012 par Cécile Odartchenko, éditrice et auteure, fille d'un grand poète russe, épouse du célèbre galeriste Albert Loeb. Elle a fait connaître aux bordelais de nombreux artistes, mais a su aussi, dans le même esprit que celui du collectif L.76, donner à voir et commpuniquer son enthousiasme. Elle s'installe à Rochechouart, dans une maison où il se passera bientôt de bien belles choses au service de l'art et de la culture !

Désormais, et pour le meilleur nous l'espérons, L.76 vous accueille au 8 rue Teulère, près la Grosse Cloche, à deux pas du cours Victor Hugo, dans ce merveilleux quartier de Saint-Paul, charnière entre le très créatif et artistiquement explosif quartier saint-Michel et Saint-Pierre, le centre historique repéré et protégé par l'Unesco.

En ce moment, faisant le lien entre les évènements de Première Ligne et ceux à venir de la Galerie Blanche, une exposition de dessins et encres d'Alain Arnaud, aux traits qui fascinent et à l'univers grouillant et fantasque.

 

Première Ligne c'est aussi une librairie spécialisée dans la poésie et les livres d'artiste, mais aussi bientôt les arts et la littérature des pays de la Méditerranée en langue originale et en traduction (Italie, Espagne, Portugal, Afrique, Asie...) et, lorsque la vie reprendra son cheminement normal sans limitation ni contraintes sanitaires, ce sera un lieu de vie et de rencontres, à la fois espace de travail, salon de thé et bar à vin... Mais tout cela est dans nos têtes et dans nos carnets, sans pouvoir à ce jour, en dire plus...

Venez nous rendre visite et faire connaissance avec les lieux si vous ne connaissez pas encore l'endroit, passez faire un brin de causette avec les galeristes. Nous sommes là tous les après-midis à partir de 14 heures. En attendant de pouvoir reprendre nos horaires nocturnes d'avant, du temps de la rue du Loup !




26/08/2020

Donner à voir et travailler ensemble. Éléments pour un manifeste.

La crise sanitaire qui a de quoi nous interpeler - non pas tant sur la dangerosité présumée du virus qui se serait répandu sur toute la surface de la Terre - mais par tout ce qu'elle semble remettre en question en agissant sur la peur des individus, sur le doute et balayant tout ce qui fait l'ordinaire de notre société depuis longtemps, sinon depuis toujours, met en péril l'activité artistique dans son ensemble en ce qu'elle éloigne les créateurs de leurs publics. Comme pour les lieux de culte, les galeries sont durement touchées. 
Pensez un peu, dans toute l'histoire de l'Humanité, en dehors des (trop) nombreuses périodes de guerre, jamais un lieu de prière et de médiation n'a jamais été fermé, interdit et les offices et cérémonies jamais reportées, annulées ou célébrées en catimini, à huis-clos, comme en cachette. Cela fait le jeu des violents et des méchants qui rêvent d'une société close, muette, faite d'esclaves, de petits soldats, de cobayes et de consommateurs soumis. L'artiste véritable, celui qui a la création dans le sang, comme une énergie vitale qu'il se doit de transmettre, ne peut se satisfaire de cette terrible régression des libertés, cette montée préoccupante des peurs et sur l'incohérence de ceux à qui nous avons jusqu'ici confié notre quotidien, ceux qui devraient accompagner et rassurer, protéger et défendre bien plus que réprimer et contraindre.
En guise de manifeste
Ce long préambule en guise de manifeste pour expliquer notre énergie nouvelle, notre volonté de démarrer autre chose, dans la perspective d'un nouveau paradigme qui surgirait de nos cœurs, nous qui n'avons pas pas peur, que ne craignons pas, qui doutons désormais du discours officiel, des informations jetées en pâture par une presse qui ne sait rien et hurle avec les loups pour ne pas disparaître. 

Cette énergie dont on veut parler, c'est poursuivre, contre vents et marées, en toute conscience des difficultés que rencontre l'Humanité, davantage liée selon nous aux graves problématiques climatiques, aux mutations inédites de notre environnement, à cette terre qu'on empoisonne depuis trop longtemps, qu'on pille sans vergogne, amenant à leur perte des milliards d'individus quasiment tous complices par leur indifférence ou leur orgueil, leur âpreté au gain ou leur couardise. 
 
Nous croyons que les arts, la culture, l'éducation sont des armes infaillibles pour gagner cette guerre terrible contre l'Individu, contre la Beauté, contre l'Amour. Face aux répressions policières, aux manipulations génétiques, à l'hyperconsommation, à la peur attisée par des dirigeants affolés que personne n'écoute plus, à l'hydre de la croissance et du profit, il faut du Rêve, de la Beauté et où mieux que dans une galerie, une librairie, un théâtre, un cinéma, une école, un musée, l'homme peut s'apaiser et se reconstruire, prendre le temps de comprendre et de réfléchir avant d'agir non pas comme on lui dit mais comme il le sent, avec tout son être, son cœur et son âme ! L'artiste aide à la paix, à la sérénité, à l'entraide. Son art aiguise les sens, ouvre nos yeux, console et entraîne. 

Voilà pourquoi, nous de la Galerie Blanche, qui n'avons jamais abandonné cette idée première du «Donner à Voir », voulons redynamiser ce qui fut à la base de la création du premier espace que nous avions établi dans en face de la somptueuse glycine de l'Hôtel de Ragueneau, dans le Vieux Bordeaux, rue du Loup et qui durant cinq belles années, a attiré des centaines de visiteurs dont une grande majorité n'avait jamais auparavant fréquenté les lieux d'art, galeries et musées. Cette idée qui n'a jamais été dictée par l'esprit de lucre, mais par la volonté de faire connaître, de partager, d'écouter et de montrer.

Donner à voir, à entendre et à connaître
La crise a mis en difficulté des lieux d'art et de culture qui tentent de surnager, de rester à la surface et de reprendre peu à peu leur chemin. C'est ainsi que nous nous sommes rapprochés, il y a plusieurs mois maintenant de la Galerie Première Ligne fondé par notre chère amie, Cécile Odartchenko, qui fut longtemps la collaboratrice de son marie, Albert Loeb, tant à New York qu'à Paris, avant de lancer les Éditions des Vanneaux, l'une des plus intéressantes maisons d'édition de poésie francophone. Nous l'avons rouverte, nous l'animons et dans les prochains mois, avec de nouveaux partenaires, nous relancerons cette dynamique qu'initia avec brio Cécile : expositions, lectures, concerts, toujours motivés par le donner à voir, à entendre et à connaître.

Vendre aussi 
Pour permettre à la galerie de poursuivre son objectif, la galerie doit aussi jouer son rôle en vendant les œuvres présentées et défendues. Donner à voir, aider à faire naître des vocations de collectionneurs et contribuer au lancement des jeunes artistes dont nous aimons le travail. Cela passe bien sûr par la voie traditionnelle des expositions, temporaires ou permanentes. Mais cela passe aussi désormais par le "hors-sol", les vitrines virtuelles, les réseaux sociaux, les boutiques en ligne... C'est ainsi que via instagram, twitter, Facebook, et bientôt Pinterest et Etsy, par ce blog aussi nous proposons à nos amis des pièces de qualité d'artistes réputés ou encore méconnus et toujours à des prix plus qu'abordables.

C'est le cas de cette magnifique pièce d'Alechinsky, provenant de la très belle série Carta Canta (dont elle est le numéro IV), proposée pour 950€ au vu de son tirage réduit. Bien évidemment nous étudions toutes les offres, tant qu'elles restent raisonnables et en rapport avec la cote de cet artiste et de son travail ! Achat on ligne via paypal.



25/11/2019

La galerie blanche fait peau neuve


Un concept décalé disait de la Galerie Blanche un éminent critique d'art aujourd'hui disparu habitué aux Big Events new yorkais. Nous ne saurons jamais s'il fallait prendre ses mots comme une sentence définitivement péjorative ou au contraire entendre un compliment. décalé en effet dans un monde où la course au profit dicte ses règles et anéantit les velléitaires pas assez armés pour résister et se frayer un chemin parmi les gros et les puissants. 

Dès la création de la Galerie dans une petite rue de Bordeaux, face à la plus belle glycine de la ville et entre deux bars très fréquentés par des étudiants et des lycéens, nous avions décidé de vivre l'art autrement. Dès le premier jour, nous avons voulu Donner à Voir au plus grand nombre et à un public différent, parfois rétif à l'art contemporain et en tout cas peu coutumier des visites aux galeries d'art. 

Très vite, le succès de nos expositions et des évènements montés nous a donné raison. Un public nouveau répondait à notre invitation qui prit vite l'habitude de venir et de revenir même en dehors des vernissages, comme un rite. De curieux timides et hésitants, ils sont devenus clients et, plus encore, amateurs. Peu à peu leur regard s'est affiné, et leur goût aiguisé. Notre intuition ouvrait la jeune galerie à une réalité joyeuse. 

Le temps a passé. Il a fallu quitter le 76 de la rue du Loup. Devenue nomade, la Galerie Blanche a continué d'exister, plus confidentielle, plus rare. Elle a présenté ses artistes dans des appartements privés, en France, en Italie, ailleurs encore et en ligne.  soutenant des galeries-sœurs comme par exemple Première Ligne, la galerie des éditions Les Vanneaux que dirige la pétulante Cécile Odartchenko, qui fut l'épouse d'Albert Loeb avec qui elle anima à New-York, la fameuse galerie Loeb.

Aujourd'hui elle s'apprête à lancer un catalogue en ligne des artistes que nous aimons, peintres, graphistes, graveurs, photographes, designers, musiciens et poètes. Le concept n'est pas neuf mais la philosophie qui préside à nos choix, en demeurant fidèle à notre l'historique de la galerie blanche, à cette éthique du Donner à Voir. 

 

14/11/2013

Nous vous recommandons : Jacques Le Scanff à la Galerie Première Ligne. Un évènement !


Depuis son ouverture, la galerie blanche tient ses amis et fidèles informé de l'excellent travail qui se fait à Bordeaux, au 8 rue Teulère, près la Grosse Cloche (quartier Saint-Paul), à Bordeaux, dans la superbe Galerie-Librairie-sonothèque Première Ligne de  Cécile Odartchenko, écrivain et éditeur (Les Vanneaux).

Celle-ci présente à compter de cette semaine et jusqu'au 20 décembre, le travail de 
Jacques Le Scanff.
le vernissage aura lieu le vendredi 22 novembre 2013, à partir de 19 heures.
L'évènement est d'importance tant l'artiste qui a côtoyé toute sa vie les esprits les plus brillants de notre temps, traduit dans ses œuvres toute son humanité et son sens du spirituel qui élève l'humain, donnant à voir tant les hommes que la nature qui les environne dans une vérité aussi crue que poétique.

Venez nombreux découvrir cet artiste :


La Galerie Blanche , qui apporte son soutien inconditionnel à Cécile Odartchenko se réjouit de la présentation du travail de cet artiste de très grande qualité à Première Ligne. Pour ceux qui ne le connaissent pas, voici ci-dessous, la notice composée pour l'occasion par le poète Jean-Paul Bota :

"Jacques Le Scanff, un esprit vagabond

La rencontre – l’Homme

La première fois que je l’ai rencontré, j’avais dû arriver en avance au rendez-vous et je l’avais attendu au bout de l’impasse devant son atelier. C’est là donc, un après-midi de janvier que j’aperçus pour la première fois,  foulant le pavé herbu humide aux interstices, bravant l’hiver, sa silhouette longiligne et son épaisse chevelure blanche longeant les ateliers, dos voûté comme sur une mobylette imaginaire presque, comme fonçant depuis toujours vers quelque nouvel objectif.


 Je lui serrai timidement la main et il me fit entrer. Odeurs des peintures à l’huile et palettes de couleurs fraîchement déposées sur un établi voisinant avec manuscrits, livres, téléphone, post-it aux fenêtres, voilà pour l’horizontal. À la verticale, c’étaient les toiles du Maître aux murs, les dessins et la vaste bibliothèque où s’étageaient les livres offerts par « ses » poètes, ceux qu’il avait publiés au Préau – sa Maison fondée en 2000 – et ceux à qui il avait consacré un numéro de la Revue, parfois les deux : Mathieu Bénézet, Christiane Veschambre, Michèle Desbordes, Marcel Cohen… côtoyaient  Claudel, François Bon, Pierre Michon, Pierre Bergounioux, Nicolas Bouvier et bien sûr Faulkner, son grand amour, les livres de peinture, ses propres livres même car l’homme est aussi poète et quel Poète... Lisez ses Miettes de Macquis, écrit pour la majeure partie dans le Métro, feuilletez son Eiffel, la tour  de fer, un poème photographique, oui…, photos encore ou peintures des livres en collaboration, Le Louvre, lumière des pierres avec Michel Ellenberger, Deux textes sans titre et huit photos avec Marcel Cohen, Images vraies avec Mathieu Bénézet...  La bibliothèque donc… À ses pieds, sur la moquette élimée, des cartons que le livreur vient de déposer, le tirage récent d’un auteur, les épreuves ne sont pas très loin. Tout cela flotte tranquille dans la chaleur d’un chauffage d’appoint, la radio ronronne. On s’installe, on parle des textes que je lui ai envoyés quinze jours plus tôt, on aborde la peinture, Turner et Hopper (des peintres dont nous avons parlé, il me semble, à mon initiative). Il me dit qu’il  voudrait lire d’autres textes de moi, insiste pour que je l’appelle Jacques en  toute décontraction pour créer un climat favorable à un dialogue qui ne s’arrêterait pas là.  Il me laisse parler surtout,  il n’est pas homme à faire la pose ou à se perdre dans des épanchements gratuits, pas homme à exister, en somme,  indépendamment de ses interlocuteurs et confidents.  Je repartais à la nuit dans le froid, sa piqûre, celle d’un deux-roues peut-être, la ville bruinait ses lumières vertes, rouges…  je revivais notre rencontre, nous ne tarderions pas à nous revoir…
Ce que je sais aujourd’hui de lui ne m’a pas été offert d’un seul tenant. Il m’aura fallu des années de collaboration et de confidences livrées par bribes irrégulières, voire accidentelles, et ce au hasard des rendez-vous et des projets.   Peu à peu, le voile tombe : je découvre l’étendue et la singularité de ses passions : de la peinture au dessin, en passant par la poésie avant-gardiste, sans oublier la photo,  tout ça sous le patronage de quelques figures emblématiques : Van Gogh, Cézanne… Bonnard retouchant ses toiles au musée, il me raconte…  et Bokor… De fil en aiguille, il exhume, pour mon plus grand plaisir, ses  vies antérieures : son enfance à parcourir le Louvre*, son travail à La Collection Découverte chez Gallimard, d’illustration de la Bible pour enfants, de photographe pour le PAM au Vietnam et en Afghanistan notamment. Ses anecdotes sont édifiantes : parlez-lui  de Kateb Yacine par exemple et il vous racontera aussitôt quelques unes de leurs mémorables beuveries, d’un cinéaste, Manuel de Oliveira ?, il l’a photographié, il a vécu la Révolution des Œillets,  vous vous hasardez du côté de José Afonso,  l’interprète de la chanson Grândola, vila morena diffusé le 25 avril à minuit quinze, sur Rádio Renascença, qui servit de signal pour débuter la Révolution qui renversera le régime, il l’a côtoyé, de même pour Pierre Magnan qui était son voisin…  Hasard des rencontres ou puissances de la destinée : son ami d’enfance, ayant-droit des œuvres d’Albert Cohen qu’il  a naturellement publié,  n’est rien de moins, excusez du peu,  que l’ancien Président de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme, Daniel Jacoby, de surcroît avocat, poète et écrivain, son gendre, Benjamin Stora, et j’en passe. Il a toujours quelque chose de surprenant à vous dire. Qu’il nous livre un pan de sa vie, on l’écoute, pantois. Chez lui, l’occasion fait souvent le larron, il ne s’affiche pas, ce sont les circonstances, voire des répliques involontaires, qui font qu’on le découvre.
Toute personne qui a la chance de croiser sa destinée, de s’entretenir avec lui ne serait-ce qu’une fois vous dira que c’est un être délicieux, toujours prêt à laisser la vedette à autrui. L’Humanité l’habite, l’humour, le détachement, la légèreté, le charme, la confiance en son prochain, le mystère, la modestie aussi, je l’ai déjà évoqué… Il rêverait de faire ressortir au grand jour des peintres injustement restés sous silence, de faire un numéro de revue uniquement avec des auteurs inconnus… La générosité de l’Homme est sans limite et sans calcul,  il convient d’insister là-dessus, et pour cause : c’est ainsi qu’il me confiera un jour la Revue, sans préambule et sans programme précis : un seul mot d’ordre, en somme, carte blanche…

La revue – Jean-Paul Michel – Bordeaux
Ménilmontant. Le café du coin où nous avons nos habitudes. On parle de la revue. Très vite, il y aura Mathieu Bénézet puis Jean-Paul Michel, Pierre Bergounioux… Très vite, la poésie croisera la peinture, la sculpture : Denis Martin, Pierre Édouard, Richard Laillier... À Bordeaux, pour le n°10, le souvenir de la Gare Saint Jean, sur le quai, la silhouette de Jean-Paul Michel, parapluie prolongeant le bras, qui nous hèle, c’était l’hiver encore, le tram, la visite de ses ateliers, souvenirs d’avec Pierre Bergounioux au Lycée Cabanis, la classe de première – Pierre, l’ami de toujours –, évocation de la rencontre, dans sa jeunesse, avec André Breton, c’était à Saint-Cirq-Lapopie (ce dont témoigne P.B. dans ses Carnets de notes), le souvenir ému de Jean-Marie Pontévia qui aura été l’un de ses professeurs, qu’il publiera, le premier livre réalisé matériellement, imprimé sur une presse de récupération, le Roi de Mohamed Khaïr Eddine, il avait seulement 17 ans (on ne peut s’empêcher de penser à Rimbaud), il avait dix-sept ans donc, Khaïr-Eddine un peu plus, c’était avant la Fondation des Éditions William Blake en 76 (publications de littérature contemporaine, de livres sur l’art, de poésie, d’ouvrages sur la musique, la photographie, la psychanalyse…), bientôt 50 ans déjà d’une aventure, d’une vie vouée à des signes, eux-seuls qui pourront maintenant nous sauver pour évoquer un poème dédié par J.P.M. à J.M. Pontévia. Mais revenons à Rimbaud : « Très tôt [dit-il], Rimbaud a été pour moi une illumination absolue et un problème considérable puisque c’était aussi un emprisonnement, le pire des châtiments, donc. Pour sortir de ce piège, je n’ai pas écrit pendant dix ans afin de ne pas devenir un perroquet. Il a fallu un remède de cheval. Il a fallu que je me détache, que je me guérisse, que je me débarrasse de moi, que je sois nouveau. Au fond, c’est toujours ça l’enjeu de l’écriture. »
La prose de Jean-Paul Michel, une voix unique dans la poésie de ce temps. Incarnée. Grave. Son flux, son reflux (…) une mer dans les mots de Jacques…
Un mot encore pour Daniel Puymèges, ami de Jean-Paul Michel, que Jacques rencontrera avec ce numéro 10. Hasard heureux, la rencontre se fera un jour où D.P. sera le seul à se rendre à l’atelier pour fêter la sortie du n°10, ignorant que la date a été déplacée. Mécène, un temps, il travaillera au Préau et y publiera un roman ; il disparaîtra prématurément.

Sa peinture
Les expositions à l’atelier de la rue d’Oberkampf, celles de l’avenue de Choisy, le nouvel atelier (après que des promoteurs l’ont poussé à quitter l’impasse). Ou à la Galerie Nouvellet… Les amis sont là et le vin coule à flot. L’Humanité d’une peinture, le cœur consenti de tout ce qu’il a vécu, fusionnant les saisons et les âges (60 ans qu’il peint, s’intéressant tour à tour à la céramique, au dessin, à la lithographie, à la gravure, exposant à Paris, à Forcalquier, à Aix-en-Provence, à Genève ou à Lausanne), l’Humanité d’une peinture donc dans laquelle on reconnaît le vivant  et son sacrement continuel, on croit y déceler, voire entendre la partition de l’Être. Il y a les bleus surtout comme la vie-vitre réfléchissante où s’élève sa voix, sa voix visiblement, apparaissant par ex. collines d’hier, dans le regard, le sien, lorsqu’il peint, le hameau habité et Lure, sa silhouette, Forcalquier… Sa peinture silhouettant l’Être et la tendresse rassemblée là avec  l’exactitude des gestes. Cela qui du dedans de la toile fait bondir l’éclat qui nous frappe. Pierres noueuses comme il dit, collines sauvages…, bois profonds, ont envahi sa peinture, pris le pouvoir plutôt, elle où il se hausse encore, poussé sur la scène de la générosité, rare, infiniment… Il y a du vert aussi parfois ou du rouge, blanc et noir mêlés, du brun même… J’y lis l’enfance, l’enfance du cœur et sa vie d’homme comme dans le trait vibrant de ses dessins. On a tous les âges à chaque instant dit Pierre Bergounioux. Tous ces êtres logés en lui – je songe aux portraits aussi –, c’est avec eux qu’il devise lorsqu’il peint, lorsqu’il dessine, façon lumière du mouvement  – une main satisfait au désir – ne faisant qu’un, il écoute une voix, l’emporte – où ? Toujours à l’avant-garde de la modernité, il se lance aujourd’hui dans la peinture numérique. Je l’imagine en ce moment près d’une eau, l’esprit vagabond, traversé de rêves (ou bien est-ce lui qui les traverse) ou dans un train, ces trains qu’il affectionne, il dit : jusqu’à l’ivresse la vie qui nous entoure…"

* voir sur le site le reportage de Christine Ockrent (http://www.preaudescollines.fr)
Jean Paul Bota