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26/02/2025

Des nouvelles du collectif

Présence Panchounette, Accrochage, 1989 Collage,
Coll. MAMCO, Genève [Inv: 2014-67]


Bonjour à toutes et à tous !

L'hiver s'éloigne peu à peu, les grues sont revenues depuis longtemps mais il faut encore patienter pour retrouver - enfin - la douce chaleur primaverile comme on dit de l'autre côté des Alpes. En attendant de pouvoir se vêtir plus légèrement et de paresser aux terrasses ensoleilléessans risque de se mouiller  ni de geler sur place, laissez-nous vous donner quelques nouvelles de la galerie et de l'association.

Tout d'abord, et pour répondre aux nombreuses demandes transmises par Google et nous excuser auprès de celles et ceux qui se sont cassé le nez devant la porte du 15 rue Saint siméon : cette adresse est celle du siège social de l'association L76 galerie page blanche et non pas un espace d'exposition. Il fallait trouver une adresse postale lorsque nous avons dû fermer l'espace de la rue Teulère. Plasticiens, journalistes, amateurs d'art et amis, n'hésitez-pas à nous écrire à cette adresse, nous répondons à tous les courriers. 

Mais où exposons-nous désormais ?

La tragi-comédie du Covid, les atermoiements de notre démocratie et son vide abyssal que la bêtise ont causé à notre pauvre pays en faisant remonter la haine et le racisme, l'antisémitisme et la connerie a eu raison de notre énergie. N'est pas Don quichotte qui veut face à tout ce tas de Cassandre frileuses et agressives qui se lâchent toujours dans ces temps incertains et font passer l'envie de se battre pour la beauté et la paix. En résumé, notre petite équipe a eu envie de quitter le navire pour se retirer en rase campgane ou sur une île déserte et laisser le monde revenir à ses errements primitifs et ses besoins primaires. Ce vague à l'âme n'a pas longtemsp duré. Le temps passé loin du bruit du petit microcosme artistico-intellectuel local - tout petit, tout petit et mesquin, nous nous sommes fait plaisir les uns et les autres, en organisant, chez les uns et les autres, de petits évènements joyeux pour savourer les mots, les couleurs, les idées, les sons des artistes que nous aimons et les faire connaître à quelques élus de nos coeurs (pas des politiques, entendons-nous bien) mais des gens comme vous et nous, qui aiment ce quio est beau, ce qui est vrai, ce qui ne s'analyse pas en valeur marchande ou en indice de popularité. Des rebelles ? Non pas. Des personnes vraies, authentiques qui bâtissent du beau et du vrai.

Plusieurs expos dans cet esprit ont eu lieu depuis la fermeture de la galerie. Et nous nous sommes rendu compte que cela fonctionnait bien, cet esprot du Coucou, qui se plait bien dans le nid des autres. A la différence de l'oiseau qui - le bougre - ne se contente pas de poser ses oeufs dans un nid emprunté, mais en chasse les légitimes petiots encore encoquillés. Non, l'essence même qui présida aux débuts de la Galerie Blanche au 76 rue du Loup, est la part majeure de notre ADN : le nomadisme. Ni philistins, ni bédouins, ni asmonéens, les amis et meneurs de Page Blanche aiment porter dans des lieux différents, l'esprit du collectif L76 : donner à voir, à aimer, à lire, à entendre, à sentir et à goûter tout ce qui est créé dans cet esprit, cette esthétique du beau et du doux, loin de la niaiserie et du superfétatoire des modes. Pas de marketing, pas de modèle économique, pas d'enjeux, sinon créer du plaisir et de la joie. 

Deux expositions à Venise, en 2023 et 2024, relativement confidentielles, mais appréciées par un grand nombre de visiteurs car le monbde entier passe à Venise. Il suffit d'éviter les chemins envahis par la roture touristique qui ne jure que par les masques et la verroterie made in china faussement étiquetées Venezia ou Murano, par ce que ce n'est pas cher... Des visiteurs qui ne disent pas "cette année on a fait Venise, l'an passé on avait fait Bali et l'an prochain on se fera peut-être les centrales nucléaires". Non, nous ne montons pas de évènements pour les multi-vaccinés, pour les adpetes du "Le pen pourquoi pas on n'a jamais essayé" ni les regardeurs-voyeurs des télés-poubelles d'Etat ou privées.

Les projets pour l'année 2025 ? 

Le lancement du nouveau site et de sa boutique en ligne pour financer les travaux des artistes que nous aimons et les évènements que nous aimerions organiser, à Bordeaux, du côté de La Réole, à Lyon, Nantes et ailleurs, au fil de nos rencontres et de nos coups de coeur. Pas de lieu fixe, pas de charges excessives, de propriétaires gourmands ou de requins aux quenottes acérées (c'est souvent les mêmes). Pas de subventions publiques non plus, les élus ont trop à faire avec leurs propres traitements jamais assez élevés les pauvres, pas d'appels à projets,pas de génuflexions devant les nouveaux maîtres, pas de sacrifices aux modes actuelles ni de soutiens aux combats hyppocrites. Juste suivre notre petit bonhomme de chemin et donner à voir aussi ce qui autour de nous, nous parait mériter qu'on en parle.

L'arrêt sous peu de la production éclairée des éditions [Le Bleu du Ciel] au catalogue formidable rempli de pépites que les amis de la galerie connaissent bien pour en avoir vu beaucoup sur les rayonnages de la librairie, modeste contribution à l'art éditorial avec Fata Morgana, Confluences, Le castor astral, Serge Safran, Les Vanneaux, Abordo, Poésis, et d'autres maisons d'éditions courageuses et talentueuses, cette fin de publication est l'occasion d'une sympathique exposition-tour d'horizon chez nos amis de la galerie Bakery, rue  Saint-François et rue du Mirail (depuis le 23 janvier et jusq'au 8 mars). 

Première rétrospective à notre connaissance du travail de ces éditeurs fous d'amour pour l'art et la littérature, à l'initiative de Christian Pallatier. L'occasion unique d'acquérir les affiches encore en stock - il y a des chefs-d'oeuvre - à des prix plus que raisonnables, mais aussi des oeuvres originales d'artistes - et pas des moindres - qui font partie de notre panthéon à L76, par ordre alphabétique : Maya Anderson, Michèle Antoine, Didier Arnaudet, Denis Castellas, Jean-Jacques Ceccarelli, Jean-Michel Espitalier, Jean-Marie Gleize, Julieta Hanono, Bernard Heidsieck, Michel Herreria, Valérie Jouve, Marin Kasimir, Elisabeth Lennard, Hubert Lucot, Pierre Mabille, François Matton, Danielle Mémoire, Bernard Noël, Présence Panchounette, Jean-Luc Parant, Anne-Marie Pécheur, Charles Pennequin, Nathalie Quintane, Ryoko Sekiguchi, Tatiana Trouvé, Carmelo Zagari… Le visiteur y trouvera aussi des textes formidables comme ce livre d'Eric des Garets, l'excellent "Pier Paolo Pasolini, Une suite et autres poèmes" par l'ami Eric des Garets... Précipitez-vous chez bakery !

Christophe airaud, faire avec peu. 2023

Toujours Chez Bakery, l'ami Christophe Airaud, photographe devenu grand-resporter, viendra dès le 13 mars exposer ses photographies exécutées avec un Minox classic Leica M3, un appareil nain pesant 110 grammes aux particularités étonnantes dont il fait l'acquisition en 2023. Il va s'en servir pour enchanter et surprendre notre regard. 

Nous sommes très heureux d'annoncer sa venue à Bordeaux. Le titre de l'expo ne peut que vous mettre l'eau à la bouche : "Faire avec peu", et puis cette citation de Chris Marker, réalisateur, philosophe, voyageur, écrivain, photographe, résistant... disparu en 2012à 91 ans  « La photo, c’est la chasse, c’est l’instinct de chasse sans l’envie de tuer. C’est la chasse des anges… On traque, on vise, on tire, et Clac ! Au lieu d’un mort, on fait un éternel ». A ne pas manquer, je prends les paris : vous allez aimer ! [Vernissage le vendredi 14 mars de 18h à 21h]


Et puis, last but not least, le vernissage ce samedi 1er mars, de l'exposition très attendue des travauxde Valérie Pédezert, à la galerie Garozarts. Nous avons connu Valérie, il y a quelques années qui venait souvent rue Teulère. Nous avions vite sympathisé et cette passionnée de mots et de lecture nous avait montré ses carnets. Son travail ne pouvait que nous fasciner. Des formes irréelles, rebondies, incurvées, poétiques, faites de milliers de traits au stylobille et aujourd'hui à la plume. Un univers onirique où chaque regard se pose sur des détails qu'il est seul à voir et qui sont différents pour chacun de nous, voire à chque nouvelle visite à l'intérieur de ses dessins. ( voir article ICI)

[Garozarts, 40 rue de la république, Marmande | du 01-3 au 12-04 | vernissage samedi 01-03-2025, de 11h à 13h]

Pour finir, et en lien avec ces belles expositions en cours ou à venir, le collectif se propose d'organiser plusieurs visites groupées de ces expositions et de quelques autres pour les Amis de la galerie page blanche, ainsi que des dimanches littéraires en mars  autour d'une tasse de thé et de délicieuses friandises à déguster.(Précisions à suivre).

N'oubliez-pas de mettre à jour votre adhésion 2025 !  

Pour nous joindre : L76infos@gmail.com ou par MP sur instagram ou FB.

18/04/2013

Des nouvelles de la galerie, d'Helsinki à Venise en passant par Bordeaux


Le concept de galerie nomade fait des émules. mais c'est un concept difficile à assumer. Difficile de repérer les nomades en route. La caravane va son chemin dans le désert, difficilement repérable. D'où l'utilité des caravansérails... 

Il y a un an, la Galerie Blanche, encore toute fripée de ses déboires immobiliers (l'épisode du propriétaire avide et des partenariats officiels longs à la détente, à oublier) décidait de poursuivre sa tâche : Donner à voir. 

Et nous donnâmes à voir le travail magique et poétique de Vappu Johansson, grande artiste finnoise venue de son pays tout exprès pour présenter ses travaux les plus récents. Le fruit d'une rencontre dans la galerie. le hasard. Un café, des idées et des passions communes. Un bel échange. Une amitié naissante avec l'artiste et son conjoint. La promesse d'une collaboration. La galerie nomade avait posé bagages chez Marie Sargos Teisserenc, personnalité du monde l'art qui ne s'en laisse pas compter et qui joua le jeu. En quelques jours, l'affaire était convenue : nous étions en mars 2012, Vappu exposerait sur les cimaises de la dame. Premier caravansérail pour notre esprit nomade. Grand succès auprès d'un public cependant trop restreint. Mais le début d'une implantation bordelaise pour l'artiste. 

Saison 2 : présentation des derniers travaux et des méthodes finlandaises qui font le succès de Vappu Johansson dans son pays (l'utilisation du plexiglass, l'usage de la photographie et la force d'une réflexion philosophique qui préside à ses choix artistiques, et tant d'autres choses encore) le temps d'un week-end au Château de Fontgravey à Blanquefort à l'invitation d'une association de graveurs aquitains qui réunit des artistes que nous apprécions, comme Jean-Michel charpentier, Colin Schonenberger, Carmen Herrera Nolorve.... Des esprits chagrins pourront objecter que tous ces lieux sont bien éloignés des lieux-phares de l'art contemporain, de la création internationale et du rayonnement qui porte les meilleurs à la lumière des grands moments de l'art. Donner à voir passe bien sûr par là : Basel, Paris, New York, Venise, Barcelone, Berlin, Londres, Milan... 

Mais Bordeaux a son mot à dire. Alors la Galerie Blanche reprend sa route, et la caravane passe. Laissons les chiens aboyer.

A suivre donc...

23/03/2012

Le coucou, emblème de la galerie nomade ?

Le principe du Coucou est un concept sauvage en ce qu'il ne procède pas des déterminants usuels du monde  de l'art contemporain pas plus que des principes généraux du mercantilisme artistique. 
 
Ce n'est ni un mouvement, ni une revendication. Pas davantage une protestation. Juste - et simplement - le résultat de circonstances imposées par notre époque associé à un désir de coller absolument avec les principes fondateurs de la galerie. Ce que les anglo-saxons nomment casualty ou contingency. Associée pendant un peu plus de deux ans à un lieu spécifique, sympathique petit espace du centre ville, où se sont déroulés plus d'une douzaine d'évènements qui ont drainé un public de plus en plus nombreux, la galerie obligée de chercher un nouvel espace prend le risque de la dématérialisation. 
 
Forte d'un groupe d'artistes fidèles et déterminés qu'elle représente, qu'elle montre et diffuse sur son site internet (work in progress), demeurant fidèle au concept associatif Loi 1901, donc sans but lucratif, la Galerie B. se définit comme une galerie nomade. 
 
Le Web étant sa base permanente, la galerie organisera  régulièrement des expositions dans des lieux qu'elle louera ou qui seront mis à sa disposition pour présenter pendant deux à quatre semaines les artistes de son groupe ou d'autres plasticiens qu'elle aura à cœur de faire découvrir au public. 
 
Elle se met ainsi à la disposition des institutions et des galeries qui souhaiteraient recevoir ses artistes. Quant au public, il a la possibilité de visualiser (et d'acquérir) en permanence les œuvres sur le catalogue de la galerie. 
 
Au fil des mois, la galerie va s'enrichir des nouvelles rencontres et des coups de cœur qu'elle partagera avec son fidèle public, poursuivant les buts énoncés dès sa création : donner à voir au plus grand nombre, montrer l'art et la création à des publics nouveaux, contribuer à recentrer le quotidien sur la beauté et permettre une relation authentique à l'esthétique hors de tout présupposé social, de tout élitisme.Apporter, humblement, notre part à la défense de l'art et de la beauté, de la fraternité par la culture et le dialogue.

26/11/2011

Memento Mori

L'exposition du travail de Laurence Nourisson bat son plein. De très nombreux visiteurs, tous fascinés par ces objets insolites qui parlent à quelque chose de très enfoui en nous, que la bande sonore - partie intégrante du travail présenté - accentue. Si on peut regretter que parfois le bruit de la rue empêche d'aller jusqu'au bout de ce voyage à travers des temps rêvés, l'imagination parvient à s'envoler pour un périple qui surprend jusqu'aux tréfonds de nous-même et suscite des sensations et des idées insoupçonnées...


L’exposition MONGO présente des œuvres réalisées entre 2007 et 2011, une série de parures présentées dans des vitrines à  fond noir réalisées avec des déchets plastiques trouvés sur un même lieu, le titre renvoie au site sur lequel ces déchets ont été trouvés. Ces parures font référence aux premières productions artistiques de l'homme qui récupérait des débris d'os, de plumes pour se parer. On retrouve aujourd'hui les traces de cette activité artistique dans nos musées d'archéologie ou d'ethnologie. L'artiste a repris ainsi les codes de présentation de ces institutions. Certains visiteurs ont évoqué une forme de spiritualité qu'on sent présente dans cette présentation de parures et d4objets qui pourraient provenir d'une civilisation ancienne, d'une spiritualité oubliée ou disparue...

C'est à la suite d'un échange avec un frère dominicain et deux visiteurs de la galerie que nous avons abordé et réfléchi aux  conjonctions entre l’art contemporain et la spiritualité. Notamment à travers les questions existentielles qui traversent l’un et l’autre (le sens de la vie, la mort, la souffrance, la faiblesse, le don, le partage, l’autre, l’humain etc.) sont bien présentes tout au long du parcours de cette exposition. Elle soulignent ainsi l'évidence de certaines analogies de relation entre les deux démarches, l’expression de la foi et la création artistique. Par exemple, les deux reposent sur un engagement personnel, sur une expérience forte.

L'Art contemporain au service de la foi n'est cependant pas un objet de foi en soi. Il ne doit pas y tendre, pas y prétendre. Le protestant que je suis, s"il aime l'art, refuse d'adorer des idoles. Trouver dans la beauté, qu'elle soit née de la main de l'homme ou naturelle, les traces du divin parait évident. Faire de cette manifestation un objet d'adoration l'est beaucoup moins et demeure dangereux. Préoccupant aussi.

Tout cela peut être stimulant. Mais souvent, pris par l'enthousiasme mis à défendre l’art contemporain, nombreux sont ceux qui en font une valeur de référence auquel tout, ou presque, doit se soumettre, y compris la foi chrétienne. Du coup, l’art "contemporain" devient une sorte d'objet de foi ; une référence première et ultime, face à laquelle la foi chrétienne perd toute consistance. Elle devient copie du modèle.

Ou alors, il y a concordisme : l’un et l’autre seraient de même nature, ne seraient que les deux faces d’une même monnaie. Du coup, l’ auteur donne un statut ontologique à l’art contemporain, alors même que celui-ci s’est précisément libéré de toute ontologie. C’est particulièrement frappant quand certains auteurs et artistes évoquent "des relations entre cet art et la Vérité". Or nous savons que tant dans l’esthétique que dans la philosophie contemporaines il n’y a plus une vérité, mais au mieux des vérités, autant d’ailleurs que de penseurs ou de créateurs qui expriment en général essentiellement, voire exclusivement leur vérité.

Des exemples de ces confusions et mélanges entre foi et art ?  : "La rencontre de l’art par la Foi (...) révèle la dynamique interne de la Foi comme artistique et révèle de même la dynamique de l’art comme croyante". Ou encore (p. 42) : "L’art est un allié de la Foi. Les artistes partagent instinctivement cette approche chrétienne présentée ici à grands traits". On pourrait multiplier les exemples de ces analogies fondées sur la confusion entre deux domaines qu’il faut vraiment distinguer et séparer.


L'art contemporain, un vis-à-vis essentiel pour la foi
Auteur : Alexandre, Jérôme
Editions Parole et silence
Collection Collège des Bernardins-Ecole cathédrale, cahier , numéro 92
Parution : janvier 2010
ISBN : 978-2-84573-838-6
Prix : 14 euros

04/07/2011

L'art contemporain et la beauté qui transcende...



33 Godtoys, Installation de Francis Moreeuw. 2005-2006.

La Biennale d'Art Contemporain de Venise vient d'ouvrir ses portes. Partout dans le monde des lieux offrent à voir des créations nouvelles et de nombreux courants existent en la matière. Mais qu'est-ce que ces œuvres ont à voir avec l'Art ? Peut-on encore envisager ce travail contemporain comme porteur d'un message de foi et d'espoir qui passe avant tout par la Beauté, cette beauté dont on dit qu'elle sauvera le monde ? Un site a eu l'idée - et le courage - de poser les questions que personne n'ose jamais formuler dans un musée, à plusieurs artistes, conservateurs et critiques d'art. Voilà ce que cela donne :

1/ L’art contemporain, n’est-ce pas un peu n’importe quoi ?

"Il a agrandi toutes les limites en poussant la recherche vers la plus grande radicalité, mais on avait perdu la clé, en oubliant que les œuvres sont portées par des commandes", estime Xavier Douroux. "Il a développé une rhétorique complexe en perdant les rapports avec le public. Il faut rétablir ce rapport et donner les clés qui permettent à tous de parler de l’art."

2 / En quoi est-il utile ?

"L’art permet tous les dialogues, bien au-delà des seules questions artistiques", continue Xavier Douroux. "Il est au cœur de toutes les décisions qu’il faut prendre dans la société." "Il permet d’exprimer des choses différentes de ce qui se dit d’ordinaire, car les discours sont toujours contrôlés", ajoute Geneviève Guénette. Jean Voguet pense, quant à lui, que "’artiste est un chercheur. Il va trouver les formes et les couleurs qui seront à la mode. L’artiste est un médium qui transmet la beauté qui n’est pas toujours où on la recherche". "C’est un marqueur d’idées qui parle de l’actualité avec ironie. L’exposition " La Boucherie humaine" aurait été plus influente sur une courte durée, pour ne pas entrer dans les mœurs", précise Rémi Tamain.

3 / La recherche du Beau est-elle encore d’actualité ?

"C’est quoi la beauté ? Si elle est spirituelle, alors ces œuvres y tendent. Si c’est uniquement esthétique, d’autres œuvres peuvent y prétendre, car c’est surtout la quête du sens", répond d’emblée Jean Voguet. Catarina Perazzi explique, de son côté, le sens de sa Déesse mère : "La nudité est un beau véhicule, si elle est bien utilisée. Je l’ai conçue comme une icône. "

4 / L’argent et l’art : un rapport scandaleux ?

"Des prix délirants et même irréels existent, mais ça ne concerne qu’une quinzaine d’artistes dans le monde", affirme Xavier Douroux, quand Geneviève Guénette souligne qu’elle "travaille à côté pour pouvoir vivre".

5 / Jeter un trait sur une toile blanche, c’est un peu facile ?

"On ne doit pas tout justifier par le travail manuel, car une œuvre est avant tout un travail intellectuel.", clame Jean Voguet. "Le savoir-faire très apparent peut, au contraire, cacher un manque de conception."

6 / Comment l’art contemporain retrouve sa place dans la vie quotidienne ?

"On passe des commandes avec l’aide de la ville à des artistes locaux pour qu’ils ne partent pas à Berlin ou à New York. On est aussi actif dans le Châtillonnais que dans les quartiers", nous apprend Xavier Douroux. "Quand une œuvre d’art trouve le bon contexte, elle n’a plus besoin d’être expliquée. On invite des street-artistes qui discutent avec les habitants.", conclut Jean Voguet.

© Franck Bassoleil

07/06/2011

La galerie au 1/12e !



Design pour la présentation de l'exposition MONGO de Laurence Nourisson. Une maquette en papier qui donne envie d'organiser un jour prochain une exposition de miniatures. Avis aux plasticiens intéressés !