23/03/2012

Le coucou, emblème de la galerie nomade ?

Le principe du Coucou est un concept sauvage en ce qu'il ne procède pas des déterminants usuels du monde  de l'art contemporain pas plus que des principes généraux du mercantilisme artistique. 
 
Ce n'est ni un mouvement, ni une revendication. Pas davantage une protestation. Juste - et simplement - le résultat de circonstances imposées par notre époque associé à un désir de coller absolument avec les principes fondateurs de la galerie. Ce que les anglo-saxons nomment casualty ou contingency. Associée pendant un peu plus de deux ans à un lieu spécifique, sympathique petit espace du centre ville, où se sont déroulés plus d'une douzaine d'évènements qui ont drainé un public de plus en plus nombreux, la galerie obligée de chercher un nouvel espace prend le risque de la dématérialisation. 
 
Forte d'un groupe d'artistes fidèles et déterminés qu'elle représente, qu'elle montre et diffuse sur son site internet (work in progress), demeurant fidèle au concept associatif Loi 1901, donc sans but lucratif, la Galerie B. se définit comme une galerie nomade. 
 
Le Web étant sa base permanente, la galerie organisera  régulièrement des expositions dans des lieux qu'elle louera ou qui seront mis à sa disposition pour présenter pendant deux à quatre semaines les artistes de son groupe ou d'autres plasticiens qu'elle aura à cœur de faire découvrir au public. 
 
Elle se met ainsi à la disposition des institutions et des galeries qui souhaiteraient recevoir ses artistes. Quant au public, il a la possibilité de visualiser (et d'acquérir) en permanence les œuvres sur le catalogue de la galerie. 
 
Au fil des mois, la galerie va s'enrichir des nouvelles rencontres et des coups de cœur qu'elle partagera avec son fidèle public, poursuivant les buts énoncés dès sa création : donner à voir au plus grand nombre, montrer l'art et la création à des publics nouveaux, contribuer à recentrer le quotidien sur la beauté et permettre une relation authentique à l'esthétique hors de tout présupposé social, de tout élitisme.Apporter, humblement, notre part à la défense de l'art et de la beauté, de la fraternité par la culture et le dialogue.

19/03/2012

Vappu Johansson expose à Bordeaux

L'équipe de la Galerie Blanche vous avait annoncé la venue de l'artiste finlandaise Vappu Johansson à Bordeaux au printemps 2012. La célèbre printmaker d'Helsinki a réalisé à notre demande une série de monotypes inspirés de ses promenades sur les bords de la Baltique mais aussi le long des plages du Moulleau ou dans les forêts des Landes girondines. Ce travail d'une grande force est à la fois d'un abord simple et d'une consistance très puissante, d'une grande originalité s'inscrivant à la fois dans l'univers spécifique de l’œuvre gravée et dans une somptueuse contemporanéité. Cela donne une exposition très belle et très intéressante :

Au-delà de l'hiver, de la Baltique au Moulleau.
Exposition présentée du 30 mars au 22 avril, 
chez Marie Sargos-Teisserenc, 
70 cours Alsace et Lorraine à Bordeaux.

02/01/2012

La Galerie Blanche vous souhaite
une Très Bonne et Très Heureuse Année 2012 !
Paix, Santé, Prospérité, Amitié, Félicité...
Tout ce qui fait la vie
et nous donne chaque jour envie
de continuer le chemin
et de poursuivre nos actions !

سنة جديدة سعيدة
Happy New Year !
ශුභ අළුත් අවුරුද්දක් වේවා
bon lanné 2012
Onnellista Uutta Vuotta
שנה טובה
FELICE ANNO NUOVO
ཏཤི དེལེཀེ ༢༠༡༢
С Новым Годом
Yeni Yılınız Kutlu Olsun
明けましておめでとうございます
Godt Nytår
Srečna nova godina
Feliz año nuevo
ΚΑΛΗ ΧΡΟΝΙΑ
سال نو مبارك
Srečno Novo Leto!
新年好
สวัสดีปีใหม่

26/11/2011

Memento Mori

L'exposition du travail de Laurence Nourisson bat son plein. De très nombreux visiteurs, tous fascinés par ces objets insolites qui parlent à quelque chose de très enfoui en nous, que la bande sonore - partie intégrante du travail présenté - accentue. Si on peut regretter que parfois le bruit de la rue empêche d'aller jusqu'au bout de ce voyage à travers des temps rêvés, l'imagination parvient à s'envoler pour un périple qui surprend jusqu'aux tréfonds de nous-même et suscite des sensations et des idées insoupçonnées...


L’exposition MONGO présente des œuvres réalisées entre 2007 et 2011, une série de parures présentées dans des vitrines à  fond noir réalisées avec des déchets plastiques trouvés sur un même lieu, le titre renvoie au site sur lequel ces déchets ont été trouvés. Ces parures font référence aux premières productions artistiques de l'homme qui récupérait des débris d'os, de plumes pour se parer. On retrouve aujourd'hui les traces de cette activité artistique dans nos musées d'archéologie ou d'ethnologie. L'artiste a repris ainsi les codes de présentation de ces institutions. Certains visiteurs ont évoqué une forme de spiritualité qu'on sent présente dans cette présentation de parures et d4objets qui pourraient provenir d'une civilisation ancienne, d'une spiritualité oubliée ou disparue...

C'est à la suite d'un échange avec un frère dominicain et deux visiteurs de la galerie que nous avons abordé et réfléchi aux  conjonctions entre l’art contemporain et la spiritualité. Notamment à travers les questions existentielles qui traversent l’un et l’autre (le sens de la vie, la mort, la souffrance, la faiblesse, le don, le partage, l’autre, l’humain etc.) sont bien présentes tout au long du parcours de cette exposition. Elle soulignent ainsi l'évidence de certaines analogies de relation entre les deux démarches, l’expression de la foi et la création artistique. Par exemple, les deux reposent sur un engagement personnel, sur une expérience forte.

L'Art contemporain au service de la foi n'est cependant pas un objet de foi en soi. Il ne doit pas y tendre, pas y prétendre. Le protestant que je suis, s"il aime l'art, refuse d'adorer des idoles. Trouver dans la beauté, qu'elle soit née de la main de l'homme ou naturelle, les traces du divin parait évident. Faire de cette manifestation un objet d'adoration l'est beaucoup moins et demeure dangereux. Préoccupant aussi.

Tout cela peut être stimulant. Mais souvent, pris par l'enthousiasme mis à défendre l’art contemporain, nombreux sont ceux qui en font une valeur de référence auquel tout, ou presque, doit se soumettre, y compris la foi chrétienne. Du coup, l’art "contemporain" devient une sorte d'objet de foi ; une référence première et ultime, face à laquelle la foi chrétienne perd toute consistance. Elle devient copie du modèle.

Ou alors, il y a concordisme : l’un et l’autre seraient de même nature, ne seraient que les deux faces d’une même monnaie. Du coup, l’ auteur donne un statut ontologique à l’art contemporain, alors même que celui-ci s’est précisément libéré de toute ontologie. C’est particulièrement frappant quand certains auteurs et artistes évoquent "des relations entre cet art et la Vérité". Or nous savons que tant dans l’esthétique que dans la philosophie contemporaines il n’y a plus une vérité, mais au mieux des vérités, autant d’ailleurs que de penseurs ou de créateurs qui expriment en général essentiellement, voire exclusivement leur vérité.

Des exemples de ces confusions et mélanges entre foi et art ?  : "La rencontre de l’art par la Foi (...) révèle la dynamique interne de la Foi comme artistique et révèle de même la dynamique de l’art comme croyante". Ou encore (p. 42) : "L’art est un allié de la Foi. Les artistes partagent instinctivement cette approche chrétienne présentée ici à grands traits". On pourrait multiplier les exemples de ces analogies fondées sur la confusion entre deux domaines qu’il faut vraiment distinguer et séparer.


L'art contemporain, un vis-à-vis essentiel pour la foi
Auteur : Alexandre, Jérôme
Editions Parole et silence
Collection Collège des Bernardins-Ecole cathédrale, cahier , numéro 92
Parution : janvier 2010
ISBN : 978-2-84573-838-6
Prix : 14 euros