Rappelez-vous, l'été dernier Jean-Michel Charpentier exposait à la galerie.
Antoine Lalanne Desmet a réalisé à notre demande un superbe travail radiophonique autour de l'exposition et de l'artiste:
Bonne écoute!
08/02/2011
18/01/2011
Non Madame, l'art contemporain, ce n'est pas n'importe quoi
Trois vieilles dames très élégantes discutaient l'autre jour devant la vitrine de la galerie. L'une s'exclama "l'art contemporain ? mais c'est n'importe quoi sauf de l'art"... Comment réagir ? Que répondre ? Comment expliquer que ce n'est pas forcément n'importe quoi (quoique parfois...). Peut-on définir l’art contemporain comme l’art « en train de se faire » ? L’expression n’est employée de manière usuelle que depuis les années 80, et elle demeure ambiguë. Car tout l’art produit par les artistes vivants, donc contemporains, n’est pas de « l’art contemporain »…C'est à partir de ces évidences qu'il fallait rappeler, que le site Fluctuat.net s'interroge dans son excellente présentation de l'art d'aujourd'hui dont nous publions ici des extraits:
C’est quoi, l’art contemporain ? Pour répondre à cette question, on peut recourir à un autre terme abstrait, et abscons pour beaucoup, celui de « postmodernisme », que l’on peut définir au sujet de toute œuvre dont la conception, contrairement au modernisme, ne repose pas sur l’idée d’une finalité nécessaire de l’art. Les multiples mouvements « néo » et autres courants revisités, comme par exemple le « néo-Pop » de Jeff Koons, sont caractéristiques du postmodernisme, dont l’une des particularités est, si l’on peut dire, de tourner en rond et de pouvoir dès lors, comme un serpent se mordant la queue, intégrer tous les styles : selon Catherine Millet, « l’art contemporain opère une soudure, là où la modernité marquait une rupture ».
L’art Hic et NuncAussi faut-il aborder le terme de « contemporain » autant comme un point chronologique précis, celui du hic et nunc de l’art, délirant et jamais assouvi, que comme le synonyme de « art de pointe » (les anglicistes ou les prétentieux diront at the cutting edge ou state-of-the-art).
Autant dire qu’il paraît bien difficile de se retrouver dans tout cela. Comment définir une œuvre d’« art contemporain », et quels sont les critères qui peuvent déterminer si elle constitue un bon travail de la part de l’artiste ? L’éclectisme de l’art contemporain est tel qu’on ne peut plus parler aujourd’hui de « styles » : chaque artiste produit un travail unique, ne se rattachant pas forcément à un style en particulier. De même, tous les médiums sont « contemporains » : un peintre tel Marc Desgrandchamps est autant considéré comme un artiste contemporain qu’un artiste producteur d’installations, comme Claude Lévêque, ou un vidéaste comme Bill Viola…
Pour faire simple (ou simpliste), on dira que l’art devient « contemporain », dès lors qu’il entre en synchronie avec son époque, et qu’il nous parle de notre vie, de notre époque, de nos modes parfois, et toujours de nos modes de penser et d’être, là et maintenant.
01/01/2011
Meilleurs Voeux !!!
Que 2011 vous soit bonne et profitable ! Santé, Prospérité, Félicité et Paix. Que vous puissiez tenir éloignés de vos vies, les fâcheux, les grincheux et en général tous ceux qui se donnent le mot pour nous empoisonner l'existence. Quant à nous, nous souhaitons que 2011 soit une deuxième année pleine de rencontres et d'expériences, que cette nouvelle année nous donne encore des tas d'occasions de DONNER à VOIR, notre mission fondatrice, qu'elle nous permette de créer de nouveaux liens, et de nous instiller encore davantage dans le paysage culturel bordelais et aquitain.Cela ne pourra se faire qu'avec vous, avec votre soutien, vos visites et votre présence ! Vous êtes de plus en plus nombreux à venir, et à revenir et, sans aucune publicité, sans actions commerciales, sans marketing, sans ronds de jambes, la petite Galerie Blanche grandit et s'installe, sans changer un iota à sa philosophie originelle.
Bonne année donc, et Mercis à vous !
17/11/2010
Lignes de filles, lignes de vie, lignes de sens
Par Claudia Courtois*
« Avant que tu ne parles, on doit pouvoir lire sur ton visage ce que tu vas dire. » Dans une échelle du temps inversée, cette citation de Marc-Aurèle, empereur et philosophe stoïcien de l’Antiquité, pourrait répondre en écho, deux mille ans plus tôt, au travail de Nora Alins : depuis 2008, cette jeune artiste a entamé une série de « Lignes de filles », un alignement de femmes, reliées les unes aux autres par leur chevelure corneille, par leur corps agrégés aux étoffes froissées, colorées, indéfinies, pour former un tout. Une cosmogonie de la sensualité, des paradoxes de la société et de ses questionnements. Leur visage est bien là, marmoréen ou scrutateur, délicat ou grossier. Femme-objet, femme-cinéma, femme-malheur, femme-séductrice, femme-fatale. A chacune, un regard unique, profond, noir, bleu ou vert, autant de flèches vers l’âme humaine pour capter et creuser l’interrogation : « Sommes-nous des objets de consommation, visages lisses prêts à penser égoïstement ? Que reste-t-il de la pensée collective ? Sommes-nous condamnés à vivre en individualistes, asséchés sur le socle de l’essentiel, dans l’ombre de l’humanité ?»
Chercher l’équilibre de l’âme humaine
Nora, dans sa peinture de l’âme,a décidé de creuser : « Il existe un paradoxe entre ce dont a besoin l’humain pour être épanoui et ce qu’on lui demande d’être », fait-elle remarquer. La série des « Visages », suite logique des « Lignes de filles » mais éloignée dans le style, l’esthétique et les couleurs, interroge également la place de l’individu dans la société et dans l’espace collectif. Les actions sont plus marquées, symboliques, les personnages nommés. Dans « Ciel to sell », une jeune femme, regard direct, visage doux et lisse, le seul de tous. A côté, un personnage satellite enfonce son bras dans la bouche d’un autre. Torture ? Jeu ? Prostitution ? Plus loin, un homme, bras en croix, couronne d’épines sur la tête et tatouage sur le bras, se fige dans un regard perdu. Star déchue ? Perte du religieux, des repères ? Emblème tutélaire en lambeaux ? Là encore, les individus s’agitent, s’interpénètrent parfois mais ne se regardent pas. Pas de miroir de l’autre. Chacun pour soi. Partage de rien mais coexistence de tous.
Dans ces toiles, Nora interroge, triture, bouscule et cherche l’équilibre de l’âme humaine et sociale. En finesse et subtilité, avec son style aussi multiple que cette féminité qui comble ses toiles et sa vie. Elle n’a pas d’unité de style dans son travail : peinture, collage, montage. La peinture peut être figurative, abstraite, graphique ou conceptuelle. Peu importe : « Je suis tellement remplie de désirs esthétiques, dans une recherche artistique permanente que je veux entretenir cette diversité. » Notre vie est ce qu’en font nos pensées…
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* Claudia Courtois est journaliste.
Elle est correspondante du journal Le Monde
Elle est correspondante du journal Le Monde
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